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Un citoyen français et sa femme racontent le chantage qu'ils ont vécu venant de douaniers des EAU

Press Release   •   Jan 19, 2018 17:41 GMT

Reda Boulahdid et sa femme avant que son entreprise et sa vie furent ruinées.

M. Boulahdid, représenté par le groupe juridique Detained in Dubai, affirme son cauchemar avoir commencé par ce qu’il pensait être une blague.

Tout commença quand un douanier en visite dans son entrepôt exigea une place en tant de partenaire dans l’entreprise de M. Boulahdid. Puis, pendant qu’il était hors du pays, les douaniers de Ras Al Khaimah fermèrent son entrepôt et réclamèrent qu’il leur paye 20% de ses revenus d’entreprise.

Aucune raison ne fut donnée pour cette fermeture, aucune justification donnée pour le pourcentage de revenu exigé. Après le refus de paiement par M. Boulahdid, une série d’accusations à tort pour fraude financière furent formulées contre lui et son usine de production de voitures fut fermée.

L’entrepôt de M. Boulahdid à Ras Al Khaimah

“Du jour au lendemain, quatre personnes se retrouvèrent au chômage. Tout mon inventaire fut bloqué, tous mes dossiers furent volés y compris ceux pour l’entreprise de commerce électronique sur laquelle je travaillais en Allemagne. Je n’ai pas le droit de travailler. Je n’ai pas le droit de voyager, alors que j’ai toujours besoin de payer des frais bancaires et autres paiements divers.” affirme Reda Boulahdid.

M. Boulahdid dirigeait une entreprise de taille moyenne d’importation et d’exportation de pièces de voiture à Ras Al Khaimah, dans les EAU. Sous le prétexte qu’il n’avait pas payé suffisamment d’impôts pour certaines de ses importations, les douaniers demandèrent à voir ses relevés des 5 dernières années, ce à quoi Reda se soumit. Quand les douaniers dirent “Nous pouvons vous aider si vous nous aidez”, Reda sut que quelque chose n’allait pas.

Reda Boulahdid et sa femme se retrouvèrent dans une situation dangereuse qui prit rapidement des proportions démesurées.

Les douaniers, affirme Reda, “ont kidnappé ma femme, pris son téléphone et les clefs de ma voiture, la forcèrent à monter à bord et à leur montrer notre maison. Complètement choquée par ce qui était en train d’arriver, elle a paniqué et essayé de s’échapper mais le fonctionnaire l’a poursuivie et l’a kidnappée.”

M. Boulahdid fut heureusement libéré sain et sauf après plusieurs heures, mais le couple demeure bouleversé et inquiété pour son avenir à Ras Al Khaimah.

Pour l’instant, tribunaux et douaniers continuent à demander des formalités administratives et des copies de documents à M. Boulahdid, mais ces mêmes documents ont déjà été confisqués par les mêmes départements de douanes qui demandent à les voir. M. Boulahdid affirme qu’au moment de dévaliser sa maison et son entreprise, tous ses ordinateurs furent saisis ainsi que les factures et documents importants, le délaissant dans une situation délicate pour se défendre.

Il espère que les traces écrites internationales laissées par les biens qu’il importait et exportait prouveront son innocence, “Ils ont dit avoir trouvé des lettres de transport aériennes prouvant que je faisais entrer clandestinement des biens sans payer de droits de douane. Mais j’ai les déclarations de douanes pour chacune de ces lettres qui prouvent que j’ai bien payé les droits.”

Le couple a maintenant peur d’une vengeance supplémentaire de la part des familles des douaniers, qui ont beaucoup d’influence à Ras Al Khaimah.

L’homme ayant kidnappé la femme de Reda fut licencié et le reste de l’équipe des douaniers furent transférés hors de Ras Al Khaimah et ont ainsi échappé à toute enquête sur leur rôle dans la prétendue tentative de chantage. Pendant ce temps, Reda fait toujours face aux fausses accusations faites par le douanier et ses collègues de travail.

“À cause de la fermeture de mon entreprise, des chèques non réglés aux clients ne peuvent pas être payés.” il explique; ce qui veut dire que les inculpations à l’égard de M. Boulahdid s’enchaînent, sous la forme de chèques sans provision (aux EAU, une infraction qui peut valoir la prison). “Tout cela est devenu une réaction en chaîne de nouvelles infractions causées par les infractions précédentes, et je n’ai plus de choix pour résoudre cela.”

Non seulement est-il livré à lui-même avec une situation économique catastrophique, mais Reda se retrouve aussi piégé à Ras Al Khaimah pendant que son passeport est conservé par les autorités effectuant des “investigations” - cela veut dire qu’il n’a pas la capacité de rencontrer ses collègues et clients à l’étranger, de continuer les affaires, ou encore d’effectuer des paiements à l’encontre de prêts aux entreprises.

Reda a été incapable de travailler depuis Novembre 2016. Il n’a plus de bureau ou d’entrepôt. Il dit avoir “désespérément essayé de recommencer à travailler, sans succès”, il a “essayé de trouver du travail, mais sans passeport cela est impossible”.

M. Boulahdid dit avoir essayé tous les moyens officiels pour trouver une solution mais malgré sa confiance totale dans le système des EAU, et sa conviction que les autorités de Ras Al Khaimah seraient enthousiastes à l’idée de protéger une entreprise internationale et des investissements, il commence petit à petit à prendre conscience que les citoyens des EAU, même corrompus, sont prioritaires par rapport aux étrangers et sont protégés des conséquences de leurs fautes.

“J’ai mis toutes mes économies dans mon entreprise ainsi que beaucoup de travail. Je me retrouve en faillite et sans ressource car j’ai refusé une place dans mon entreprise à des personnes influentes.

“Cela ne touche pas que moi mais aussi mes employés qui ont perdu leur travail et ma femme qui fut agressée.” M. Boulahdid affirme que tout le monde est conscient que son entreprise ne démérite pas, mais que plus personne ne se soucie de cela maintenant que des accusations ont été portées à son encontre.

“Il n’y a pas de fin à cela. Maintenant je dois aussi m’occuper des banques car le système judiciaire d’ici ne prend pas en compte les circonstances personnelles au moment des vérifications de sécurité.”

Radha Stirling, PDG de Detained in Dubai, a annoncé dans une déclaration: “Malheureusement, le cas de M. Boulahdid n’est pas unique parmi ceux dont nous nous occupons aux EAU. Il est conseillé aux entrepreneurs et investisseurs d’être prudents en faisant des affaires aux Emirats.

“Les risques ordinaires pour les investisseurs sont amplifiés aux EAU car même le succès peut devenir dangereux, quand par exemple des partenaires locaux ou, dans le cas de M. Boulahdid, des autorités publiques malhonnêtes cherchent à prendre le contrôle d’une entreprise fructueuse en inventant des plaintes pénales contre un investisseur étranger.

“Nous avons des clients expatriés du monde entier qui ont eu cette même expérience aux EAU, avec un total des pertes financières qui dépasse les centaines de millions de livres.

“Les douaniers que M. Boulahdid dit avoir essayé d’extorquer son argent, détenu sa femme contre son gré et saisi sa paperasse et son équipement personnel et professionnel sans justification, devraient être sujets à une enquête criminelle, au lieu de M. Boulahdid, actuellement jugé pour des accusations portées par ces hommes.”




Traduit par Elisa PEROUSSE, associée à Detained in Dubai.

UAE Criminal and Civil Justice Specialists.  Contact us on info@detainedindubai.org

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