Skip to main content

Une agence d’information en continu : la nuit, Belga suit l’actualité depuis l’Australie

Actualité   •   nov 06, 2019 09:41 CET

Bart Vanderkelen

Belga News Agency, l’agence de presse nationale belge, couvre l’actualité en continu pour ses clients, 24 h/24 et 7 j/7. Depuis septembre 2014, la production nocturne est assurée par deux collègues néerlandophones et deux collègues francophones basés à Sydney, en Australie. C’est une situation plus saine pour nos collaborateurs, qui peuvent maintenir un rythme jour-nuit naturel et ainsi travailler de façon plus productive. Bart Vanderkelen a été l’un des pionniers à déménager en Australie en septembre 2014 et il y est resté huit mois. En 2017, il y est reparti pour un an et demi, cette fois-ci en compagnie de son épouse Francisca. Il nous raconte son expérience.

L’équipe de nuit de Belga prend son service à 22 h 30 heure belge, soit entre 6 h 30 et 8 h 30 du matin en Australie, en fonction de l’heure d’été ou d’hiver. Pour Bart, le principal avantage d’être basé à Sydney est de pouvoir travailler de jour. Il se souvient encore très bien de ses nuits blanches en Belgique ! « Pendant le service de nuit, il fallait souvent lutter contre le sommeil, explique-t-il. Et après, je n’arrivais plus à fonctionner normalement. Quand on travaille jusqu’à 6 h 30 du matin, pour ensuite dormir jusqu’à 4 h de l’après-midi, cela dérègle complètement le biorythme. Nous faisions chaque fois trois nuits d’affilée, mais souvent j’en ressentais encore les effets une semaine plus tard. »

Au cours des premiers mois en Australie, l’équipe belge a souvent été confrontée à des problèmes techniques, ce qui n’a pas toujours facilité le travail. « Nous avons eu beaucoup de problèmes avec des connexions Internet défaillantes, et ce n’était pas toujours évident à gérer. Mais c’était aussi l’époque du déménagement de Belga de Schaerbeek à Bruxelles, et cela a peut-être aussi joué un rôle. Subitement, tout s’est remis à fonctionner normalement et nous avons pu travailler dans de bonnes conditions. » Bart est néanmoins toujours resté positif et ne s’est jamais demandé ce qui l’avait pris de déménager en Australie. « Le courant passait bien avec les collègues belges, ce qui est d’ailleurs aussi un point très important, et cela a été une expérience inoubliable. C’est pour ça que j’y suis retourné quelques années plus tard, avec ma femme, cette fois-ci. »

Collaboration

À Sydney, les journalistes belges partagent un espace de travail avec une dizaine d’agences et de journaux européens. Au début, ils ont eu un peu l’impression d’être des étudiants en Erasmus, mais cela s’est atténué par après au fur et à mesure que le groupe d’Européens devenait plus important. « La dynamique a changé, mais nous continuons à nous refiler des tuyaux et à nous inciter à porter un regard plus critique sur nos dépêches respectives. Par exemple, quand nos confrères de la DPA rédigent un article sur la Belgique qui n’est pas suffisamment nuancé, nous pouvons leur procurer des informations pour les aider à corriger leur façon de voir. C’est la même chose pour nos propres dépêches. » C’est surtout particulièrement utile d’avoir d’autres collègues européens à proximité lorsque des événements important ont lieu en Belgique. « Prenez par exemple les élections ou les attentats dans notre pays, dit Bart. Les autres Européens en parlent aussi, ce qui nous permet d’échanger des informations et de nous renforcer mutuellement. » Les contacts avec les confrères australiens de l'AAP sont un peu moins fréquents. « Ils occupent un autre espace de travail et utilisent des méthodes différentes. Nous, les Européens, nous sommes un peu plus bruyants, nous nous concertons plus souvent et cela donne une façon différente de travailler. »

Actualité belge

Bart estime que ce n’est pas un inconvénient de suivre l’actualité belge en étant installé à l’autre bout du monde. « Comme nous lisons sept journaux pratiquement tous les jours, nous sommes peut-être encore mieux informés que nos collaborateurs de Bruxelles, dit-il. Nous avons aussi acquis une certaine routine qui nous permet de distinguer les infos qui datent déjà un peu et qu’il n’est plus nécessaire de relayer. Ce qui constitue parfois un inconvénient, c’est la difficulté à évaluer correctement depuis Sydney si un événement qui se produit la nuit est important ou non. Nous ne voulons pas constamment déranger nos correspondants ou les porte-parole de la police et des pompiers pendant la nuit et il nous est donc parfois difficile de contrôler le sérieux des tuyaux que nous recevons. Mais c’était bien sûr déjà un problème quand on travaillait encore de nuit à la rédaction à Bruxelles. »

Vivre en Australie

Bart avait tellement apprécié cette expérience à l’autre bout du monde qu’il a décidé de retourner à Sydney en 2017, cette fois-ci avec son épouse Francisca. « Les Australiens sont des gens très amicaux et ouverts, mais parfois un peu superficiels, dit-il. Il n’est pas facile de tisser des liens d’amitié avec eux. Ils nous considèrent souvent comme des gens de passage, vu qu’on ne reste qu’un an dans leur pays, et ils ne se donnent pas la peine d’investir dans une relation durable. Nous avons envisagé la possibilité de nous installer définitivement en Australie, mais nos racines sont en Belgique et nous ne voulons pas perdre le contact avec nos parents et nos amis. Comme il faut 24 heures pour aller de Sydney à Bruxelles en avion, on ne peut pas rentrer à la maison chaque fois qu’on a un peu le cafard. Notre séjour à Sydney a été une expérience formidable, mais il est temps pour nous de tourner la page. Nous en avons assez des nombreux déménagements et avons maintenant besoin d’une vie plus stable ici en Belgique. »

Une bonne initiative de l’agence

Bart est tout à fait convaincu que la décision de Belga de couvrir l’actualité nocturne depuis l’Australie était une bonne décision. « Sur le plan quantitatif, la production est restée inchangée, vu qu’il s’agit d’accomplir les mêmes tâches et de traiter le même flux important d’informations. Mais sur le plan qualitatif, c’est assurément un progrès. En travaillant de jour, les collègues sont beaucoup plus alertes, ils recherchent les nouvelles de manière plus active, et cela a certainement un impact positif sur la production, conclut-il.»

Commentaires (0)

Ajouter un commentaire

Commentaire

By submitting the comment you agree that your personal data will be processed according to Mynewsdesk's Privacy Policy.