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Communiqué de presse -

L’ICOM réaffirme son attachement à la protection et au respect de la vie humaine et du patrimoine culturel en période de conflit

L’ICOM exprime son inquiétude face aux récentes actions militaires qui continuent de causer des dommages humanitaires et constituent de graves menaces pour le patrimoine culturel, tant matériel qu’immatériel. La couverture médiatique récente a mis en évidence la forte aggravation des dommages causés au patrimoine culturel dans de nombreuses zones de conflit. Au cours des dernières semaines, des centaines de sites culturels en Iran, en Israël, au Soudan, au Liban et en Ukraine ont été endommagés ou détruits. Ces dommages représentent une perte incommensurable en termes de savoir culturel et nécessitent une réponse coordonnée et urgente au niveau international.

L’ICOM a appelé tous les pays impliqués dans les conflits actuels à respecter leurs obligations et leurs responsabilités en matière de protection du patrimoine culturel dans la déclaration publiée le 6 mars 2026. En particulier, les États parties à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé et à ses protocoles. L’ICOM, en tant que porte-parole et représentant de la communauté muséale internationale, soutient les nombreuses déclarations publiées par des organisations au niveau international et condamne les actions militaires qui ont un impact violent sur les populations et leur patrimoine culturel.

Malgré ces appels et avertissements répétés lancés ces dernières semaines, les sites et institutions culturels continuent de subir des dommages directs causés par les frappes aériennes, les attaques de drones et les incendies, ainsi que des dommages indirects dus, par exemple, aux ondes de choc et à l’impact environnemental des missiles. En Iran, plus de 130 sites culturels auraient été endommagés, tels que le palais du Golestan – qui abrite des musées – et le Meidan Emam à Ispahan, tous deux inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. À Gaza, l’UNESCO a constaté des dégâts sur 164 sites patrimoniaux, dont deux musées. Les sites culturels au Liban, en particulier dans le sud du pays, ont également été directement touchés. Les frappes sur les cités antiques de Baalbek et de Tyr ont gravement menacé ces villes classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, le musée archéologique de Tyr ayant subi des dommages directs. Le patrimoine culturel en Ukraine continue de souffrir du conflit en cours, 525 sites culturels vérifiés ayant été déclaréscomme endommagés par l’UNESCO depuis 2022, dont 39 musées. La récente attaque contre l’église Saint-André de Lviv, datant du XVIIe siècle, et le monastère des Bernardins, qui font partie de l’ensemble du centre historique inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, rappelle cruellement que le patrimoine culturel reste extrêmement vulnérable dans les pays touchés par des conflits.

L’impact de ces conflits est encore aggravé par la perturbation généralisée des activités, notamment la fermeture temporaire des musées et des institutions culturelles. Malgré ces défis, des professionnels des musées dévoués ont déployé des efforts extraordinaires pour sauvegarder leurs collections, notamment en les évacuant vers des lieux plus sûrs.

Ces efforts au niveau national sont complétés par des actions au niveau international. L’ICOM a contribué aux initiatives d’organisations partenaires visant à plaider en faveur de la protection des musées et du patrimoine culturel au sens large. Le 1er avril, l’ICOM a participé à une réunion extraordinaire du Comité de l’UNESCO pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, convoquée par l’UNESCO afin de renforcer la protection du patrimoine culturel au Liban, et a soutenu l’octroi d’une protection renforcée provisoire à 39 biens culturels au Liban. L’ICOM reste également en contact avec ses comités nationaux dans les pays touchés afin d’évaluer les besoins de ses membres et d’y répondre.

L’ICOM a rassemblé des manuels d’experts, des guides et des outils opérationnels librement accessibles sur la protection du patrimoine culturel en situation d’urgence. Élaborées par ses comités internationaux et ses organisations partenaires telles que l’ICCROM, ces ressources ont été compilées et sont disponibles sur notre site web.

S’appuyant sur ces efforts visant à soutenir la protection du patrimoine culturel, l’ICOM continue également de promouvoir les musées en tant qu’acteurs clés dans la promotion de l’unité et de la compréhension mutuelle, conformément au thème choisi pour la Journée internationale des musées 2026 et le80eanniversaire de l’ICOM : « Les musées unissent un monde divisé ». Avec ce thème, l’ICOM met en avant le potentiel des musées à servir de ponts au-delà des clivages culturels, sociaux et géopolitiques, en favorisant le dialogue, la compréhension et la paix au sein des communautés et entre elles à travers le monde, conformément à la Déclaration de l’ICOM pour la paix publiée en août 2025.

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L’ICOM est l’organisation internationale des musées et des professionnels de musée vouée à la recherche, à la conservation, à la pérennité et à la transmission à la société, du patrimoine naturel et culturel mondial, présent et futur, matériel et immatériel. En tant que réseau d’experts, comprenant plus de 60 000 professionnels dans 139 pays et territoires, il formule des recommandations sur des questions liées au patrimoine culturel, promeut le renforcement des capacités professionnelles et fait progresser la connaissance dans le domaine. L’ICOM est le porte-parole des professionnels des musées sur la scène internationale et sensibilise le grand public à la culture par le biais de réseaux mondiaux et de programmes de coopération. L’ICOM est la seule organisation internationale dans le domaine des musées.

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